Faut-il du droit dans une Économie Basée sur les Ressources?
L’illustration par le droit d’accès

Dans certains cas il sera nécessaire de mettre en place un système légal par rapport à l’accès aux biens. En d’autres termes, un système de règles simples serait utile, qui ne serait pas basé sur les droits de propriétés, mais sur les droits à l’accès.
Prenons le cas des vélos en accès partagé, commes les vélibs à Paris.
Imaginez un scénario dans lequel un individu gare son vélo dans la rue sans cadenas, après l’avoir récupéré à un point de distribution. Vient un passant très pressé, à proximité de ce centre de distribution, qui voit ce vélo et qui prend la décision inappropriée de prendre le vélo pour se rendre où il veut aller. C’est un acte que l’on pourrait qualifier de malhonnête et d’impoli.
Dans un système de propriété cela serait qualifié de “vol”. Dans un système d’accès, cela pourrait être un terme différent comme “une violation du droit d’accès”.
La gravité de l’acte est très différente, et il s’agit plus d’une contrariété que d’un crime. Dans un système de propriété, le vélo serait probablement revendu pour de l’argent ou gardé.
Dans un système d’accès, le premier utilisateur obtiendrait simplement un nouveau vélo et pourrait se déplacer alors que le deuxième utilisateur le laisserait à la fin de son utilisation. En effet, il n’aurait pas de valeur à la revente puisque l’on aurait une abondance d’accès aux vélos.

Cependant, cela ne veut pas dire que cet acte devrait être ignoré bien que ce genre de comportement sera sans doute rare. Pour empêcher ce genre de comportement, un système de droit pourra par exemple commencer par un simple avertissement, puis si ce comportement persiste cela pourra signifier une impossibilité temporaire d’avoir accès à certains biens et service, comme celui du vélo.

Encore une fois, ce type de comportement sera extrêmement rare, mais ce système légal doit être compris car il ne s’agit pas d’une utopie. Enfin, la prévention sera toujours recherchée de manière technique par le design de systèmes qui prévient ce genre d’agissements. On pourra notamment mettre des capteurs sur les objets empruntés dans la grande bibliothèque de prêt d’objets pour savoir si quelqu’un a emprunté 2 fois une perceuse quand il n’en a besoin que d’une. Ceci évitera une forme de laisser-aller au détriment des autres utilisateurs. Une autre tendance que l’on peut constater aussi est celle du laisser-aller au niveau du gaspillage lorsqu’une une commodité est fournie en abondance. Par exemple, dans le passé, on a pu remarquer que certains employés d’EDF qui n’avaient pas à payer leur facture d’électricité avaient une propension plus importante à laisser allumer le chauffage même en étant partis de chez eux. Un système de capteurs intégrés aux logements pourrait par exemple savoir si le logement est vacant et baisser la température pour éviter toute consommation inutile de ressources.

Un autre reproche qui est fait à l’EBR et qui est souvent mal compris est que les gens ne feront pas attention aux objets et en prendront moins soin s’ils ne leur appartiennent pas. Un système de droit d’accès pourra aussi être mis en place dans ce cas, si par exemple un objet est rendu dégradé. Il sera bien entendu pris en compte de l’usure naturelle, mais si un objet est dégradé il y aura au début des avertissements, puis si le comportement se répète une interdiction temporaire d’accès à certains objets. Enfin, même si de temps en temps un objet casse ce sera toujours bien moins au détriment de la planète que dans le système d’aujourd’hui. Plutôt que d’avoir chacun une tondeuse ou une perceuse que l’on utilise une fois par mois et qui traîne dans le garage, et d’en produire 30 ou plus, on pourrait en produire quelques unes. Elles pourraient au pire être remplacées si elles cassent, mais cela consommera toujours beaucoup moins de ressources sur notre planète aux ressources limitées sachant que les ressources sont ce que nous avons de plus précieux. Ensuite, les objets seront conçus pour être les plus durables possible, sans obsolescence programmée comme aujourd’hui et changeables pièces par pièce, donc la réparation sera très facile, et n’obligera pas à reproduire un objet depuis le début.

 

Pierre-Alexandre Ponant

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