100% énergies renouvelables? Si nous n’y parvenons pas c’est à cause du système économique !

Dans cette brillante vidéo Jean-Marc Jancovici montre, calcul à l’appui, que dans une économie libérale basée sur la croissance, il sera compliqué, voire impossible de respecter les accords de Paris sur la part des énergies renouvelables.

https://www.youtube.com/watch?v=Z4teA8ciuRU

Dans une économie basée sur la croissance infinie et le profit on aura besoin de produire et consommer toujours plus de biens pour ne pas entrer en récession économique. Ceci implique une utilisation toujours plus importante de l’énergie pour alimenter les machines.

Aujourd’hui certaines énergies non renouvelables et polluantes sont privilégiées parce que le coût de production et d’exploitation est moins cher par kWh. Dans un monde basé sur le profit, les entreprises privées chercheront donc toujours à minimiser leur coûts, et n’ont pas comme objectif premier de sauver la planète. Même les Etats, qui ne cherchent pas forcément la rentabilité, sont entravés dans leur choix avec des coupes budgétaires de plus en plus sévères qui ne laissent qu’une faible marge de manœuvre lorsque l’on doit lancer des projets coûteux. On le voit bien ici, ce sont encore les mêmes mécanismes économiques que sont le profit, et la rareté artificielle de l’argent qui conduisent à une impasse politique pour effectuer des choix conscients.

Quels sont les coûts actuels de production des différentes énergies pour le kilowattheure (kWh)?

Pétrole (baril en sortie de puits à 10$): 0,4 centime
Gaz: entre 2 à 3 centimes sur le marché de gros
Nucléaire : 3 à 10 centimes le nucléaire.
Eolien: 6 à 8 centimes hors coût d’intermittence
Photovoltaïque: 2 à 20 centimes, hors coût d’intermittence.
Solaire à concentration: 15 centimes

Mais dans une EBR ce problème n’existe plus, puisque l’économie n’est plus basée sur l’argent mais sur les ressources. Tant que nous avons les ressources pour mettre en place un programme d’énergies renouvelables à grande échelle et bien nous pouvons le faire. Rien ne nous en empêche. Qu’est ce que cela veut dire quand “cela coûte plus cher”?
Si par exemple le prix de la mise en place d’une énergie éolienne offshore est 10 fois supérieur à celui de l’utilisation des énergies fossiles, cela se traduit par le fait qu’il faut plus de ressources pour y arriver. Il faut donc plus de personnel, plus de salaires, plus de logistique, pour aller poser les éoliennes en mer avec la plateforme d’ancrage et les câbles. Mais dans une EBR on ne cherche pas le profit, on cherche à amener les ressources là où nous en avons besoin pour résoudre nos problèmes. Aussi dans l’EBR, les salaires sont des ressources non monétaires, la nourriture, le logement, et l’accès aux biens et services étant gratuit. Donc s’il faut former et mobiliser 10 fois plus d’ingénieurs spécialisés dans cette technologie c’est tout à fait possible. S’il faut 10 fois plus de techniciens pour pouvoir les assembler, c’est tout à fait possible. La plupart des métiers actuels devenant inutiles dans une EBR, comme le marketing, le luxe, la finance, la comptabilité etc., nous pouvons très facilement former plus de spécialistes qui travaillent eux sur des projets vraiment nécessaires et indispensables à notre avenir plutôt que de continuer à former des étudiants sur des métiers inutiles.

Nous mettrons en place les ressources nécessaires à la logistique de ces projets, sans avoir de contrainte financière qui nous empêchent de le faire.
Même si ces technologies offrent un rendement moins important mais qu’elles sont moins polluantes, et bien nous aurons rempli notre mission si nous pouvons en déployer un nombre suffisant.

D’ailleurs dans une EBR on sort d’une logique de croissance. Il ne faudra pas toujours plus de ressources pour améliorer son niveau de vie. On peut arriver à un équilibre qui fournit un haut niveau de vie pour tous sans chercher comme dans cet absurde modèle économique de marché à devoir créer toujours plus d’objets inutiles pour gonfler les statistiques du PIB. Au contraire, au fur et à mesure de l’amélioration des technologies, le but recherché sera toujours l’optimisation constante des ressources, et si une nouvelle technologie permet de consommer moins elle sera toujours privilégiée.

Enfin dans une EBR la consommation inutile de ressources due au capitalisme cessera d’exister : plus besoin de faire venir nos fruits du Maroc, et nos téléphones de Chine. Plus besoin de créer des objets qui cassent pour que l’on rachète plus vite. Plus besoin d’en créer trop d’objets pour en devenir propriétaire et les utiliser occasionnellement en privilégiant l’accès dans des bibliothèques de prêt d’objets. Plus besoin de consommer de l’inutile avec le marketing. Plus besoin de créer autant de voitures individuelles. Plus besoin de métiers capitalistes inutiles qui consomment énormément de ressources.

Le système industriel sera optimisé en cherchant le chemin le plus court. Les machines, à l’instar du corps humain, seront beaucoup plus polyvalentes et capables de créer de manière automatisée un grand nombre d’objets différents. C’est ce que fait la nature, qui, à partir des mêmes 22 mêmes acides aminés est capable de construire tous les organes et être vivants du globe, l’oeil d’un aigle, le foie d’un babouin, le moteur d’une bactérie ou le bec d’un toucan. Si nous nous inspirons du vivant pour optimiser notre processus de production, nous pourrions réduire considérablement le nombre de machines nécessaires tout en garantissant une abondance de biens et services nécessaires à un haut niveau de vie avec une énergie 100% renouvelable.
Les contraintes pour sauver la planète ne viennent que de notre modèle économique, et pas de nos capacités techniques.

Pierre-Alexandre Ponant

 

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